mercredi 25 juin 2008

Le coup du lapin !

En ce moment, l’actualité musicale est très calme… Alors parlons un peu de l’actualité en général : dans quelques heures ce sont les soldes qui commencent !


Si j’avais un jour rencontré un psy sur qui faire un bon transfert, je lui aurais à peu près tenu ce langage :

« Ca revient docteur ! Je le sens… Ca commence à revenir… C’est deux fois par an docteur… Toujours à la même époque depuis quelques années… C’est la même angoisse, la même boule, la même chose … là au fond de la gorge, les mêmes papillons dans l’estomac… Chaque fois c’est pareil… Ca me fait perdre tous mes moyens… Je ne contrôle plus du tout mon comportement dans ces moments là… Toujours aux mêmes époques… C’est en janvier et en juin… Toujours… Et là, je sais que c’est revenu… J’en retrouve des traces partout… Je vous jure docteur ! Jusque dans ma boite aux lettres…»
« Hum……. Hum……….. »
« Que je vous en dise plus ? Bien sûr docteur ! Ca remonte à l’enfance tout ça… Si… Oui… C’est ça l’enfance… Vous voyez, docteur, à l’époque j’étais encore très jeune… Je… Je me souviens très bien docteur, j’avais encore des couettes quand la chose est venue pour la première fois… Depuis… C’est comme si elle n’était jamais partie… C’est comme si elle se sentait bien chez moi et qu’elle voulait plus en repartir… »
« Hum…… Hum…….. »
« Oui docteur, je sais… Je dois être plus précise… Je… J’essaie de bien me souvenir voyez vous ? On était tous réunis… Oui… Oui c’est ça, on était tous là… On ? C’est ma famille… Vous voyez docteur ? Le noyau dur… Mes cousins les plus proches… On était tous comme des frères et sœurs à cette époque… On avait un vrai sentiment d’appartenir à une grande famille très unie… Mais vous voyez docteur, chez moi ce sentiment n’est pas resté trop longtemps… C’est que… C’est que la chose est venue… On était donc tous là, réunis pour Pâques… C’est ma maman qui aimait beaucoup Pâques… Elle me racontait toujours des histoires avec le lapin… J’avais mes couettes, une paire de baskets toutes neuves et ma salopette préférée ce jour là… On était chez mon papy… Vous savez chez mon papy, y’avait rien… Alors on aimait bien… On faisait toutes les bêtises qu’on voulait… Et ce jour là c’était Pâques… Alors les oncles et les tantes avaient caché plein d’œufs de toute sorte… Et moi j’avais encore mes couettes et ma salopette, alors vous voyez docteur, le lapin moi j’y croyais encore totalement… Et souvent c’est ma maman et ma tante qui annonçaient que le lapin avait déposé les œufs… On se jetait tous sur le premier panier venu… Enfin moi, il y avait déjà plusieurs heures que j’avais choisi le mien… Le plus gros… Et le moment venu, je faisais comme si c’était par hasard que je prenais celui là… C’était devenu MON panier depuis la première fois que je l’avais vu… Quand tous nous avions un panier dans la main, nous courrions dans le champ de mon papy… C’était un peu du chacun pour soi quand on cherchait les œufs du lapin… Mes cousins s’éparpillaient de partout… De loin on pouvait voir ces sept gamins courir dans tous les sens… Moi je ne courrais jamais… Je ne voulais pas écraser un œuf parce que je n’aurais pas fait attention à l’endroit où je posais mes pieds… Ca pouvait prendre une heure, deux heures… Y’avait toujours du soleil… C’était rigolo… Mais même si j’avais choisi le panier le plus gros, il débordait toujours… Je trouvais toujours plus d’œufs que mon panier n’en pouvait contenir… Alors là je courrais… Je déposais aux pieds des adultes mes trouvailles et je repartais en chasse… Je n’avais plus que mes p’tits bras potelés de gamine à couettes pour les tenir… Chaque fois que je ramassais un œuf, je prenais mille précautions pour ne pas faire tomber dans l’herbe haute tous ceux que contenaient déjà mes bras… Et quand je ne pouvais vraiment plus porter le moindre œuf supplémentaire, je retournais auprès des adultes… Souvent, mes cousins étaient déjà tous là… 7 petits paniers à leurs pieds, remplis chacun de quelques œufs… Et il y avait moi… Avec mon gros panier et tous ces œufs en chocolat qui commençaient à fondre dans la chaleur de mes mains… Mes cousins avaient des traces de chocolat autour de la bouche qui trahissaient l’impatience de leur gourmandise… Je n’avais pas pris le temps de savourer mes trouvailles… Je les avais trouvées, précautionneusement rangées et je prenais déjà un grand plaisir à imaginer la joie que j’aurais lorsque, rentrée chez moi, je pourrais les déguster et m’en empiffrer joyeusement… Les paniers à peine remplis d’œufs, mes cousins les déposaient sur le bord de la rivière et repartaient jouer… Moi je prenais le temps de les compter, de les ranger, par couleur, par parfum, par taille… Je les arrangeais du plus beau possible… Puis je regardais ma maman et lui disais en même temps que je courrais rejoindre les jeux de mes cousins : « prends en soin môman steuplééé »… J’avais confiance… C’était mes œufs, je les avais tenus dans mes bras, je les avais ramenés et rangés… Je les aimais et ils étaient miens maintenant… Et jusqu’à la nuit tombante, nous jouions… Insouciants… Et puis les parents nous rappelaient… Il faut rentrer, reprendre la route, dire au revoir au papy, il y a école demain… Alors on revenait vers la maison… On se lavait les mains et on montait chacun dans sa voiture… Et puis c’est à ce moment que la chose est venue… C’est la première fois que je l’ai sentie aussi forte… Prise d’inquiétude, je ressors de la voiture et regarde effrayée ma maman… Je ne vois plus les œufs, je ne vois plus les paniers… Me prenant par la main, ma maman ouvre le coffre de notre voiture… Elle me dit que les œufs sont dedans… Je regarde… Je ne vois rien… A part ce tout petit sachet plastique perdu au milieu des feuilles de rhubarbe, des fraises du jardin, des morceaux de vieux meubles, de la vieille vaisselle, des émaux de Longwy… Mais TOUS mes œufs ne peuvent tenir dans un si petit sachet… Ce n’est pas possible… On a du piquer mes œufs ou ma maman s’est trompée de coffre et il se peut qu’une voiture en ce moment roule vers sa maison emportant MES œufs ! J’ai les larmes qui me piquent les yeux, je cherche ma maman qui déjà m’attend derrière son volant… Elle voudrait que je me dépêche… Je l’interpelle d’une voix tremblante… Lui dis que je ne vois pas les œufs… Agacée, elle revient vers moi… Elle me montre d’un doigt ferme le ridicule sachet : « mais ils sont là les œufs ! »… C’est impossible ! Non… Je ne pouvais y croire… Je le hurle à ma maman… Tape des pieds, pleure, crie, gesticule… Ma mère me fait monter dans la voiture et sur le chemin m’explique… Pendant que nous jouions, après la chasse aux œufs, après la venue du lapin, tous les adultes avaient rassemblés les œufs… Ils… Ils… Ils les avaient tout mélangés ! Vous vous rendez compte docteur ? Mélangés mes œufs aux autres… Et puis ils avaient répartis les œufs selon le nombre d’enfant… Ils voulaient être équitables m’expliquait à ce moment là ma maman… Mais équitables pour qui ? Ils étaient trois, ils étaient quatre… Et moi j’étais seule… Comment aurais-je pu avoir autant d’œufs qu’eux ? Et puis c’était moi qui toujours trouvais le plus gros, le plus beau, le meilleur… Mais le plus gros c’était pour les quatre cousins, les moyens étaient pour les trois cousins… Moi j’avais les tout petits, moi j’étais seule… C’est à ce moment là que la chose s’est installée en moi… Vous savez docteur ? Ce sentiment que l’on vous a dépouillé… Que c’est vous qui avez fourni le plus d’effort mais tout le monde reçoit la même récompense… La chose a un gout d’injustice et de spoliation docteur !...
« Hum…………. Hum…………. »
« Oui docteur… La chose revient en ce moment… Comme deux fois par an… Elle est à nouveau là… Au fond de moi… Vous voyez docteur ? Dans deux semaines ce sont les soldes… Et… Je… Je… Heu… Je vais encore me ruer dans les magasins, choisissant les plus beaux vêtements, les plus chouettes chaussures… Et je vais arriver les bras chargés de tous ces trésors à la caisse… Je vais déposer tous ces vêtements… C’est comme quand j’avais des couettes et une salopette… Je déposais tous mes œufs aux pieds de ma maman… Comme s’ils devaient passer à sa caisse… Et là, mes vêtements placés sous le regard de la caissière, j’entendrais la petite voix dans ma tête qui me répétera les mots de ma maman après le lapin et la chasse aux œufs… Tu n’as pas besoin de tout ça… Tu es toute seule… Laisse aux autres… Partage… Et je devrais me séparer d’une dizaine de t-shirts, d’une dizaine de pantalons, de quelques paires de chaussures… Les remettre en rayon pour qu’une autre les possède… Mais les aimera-t-elle autant que moi ? C’est comme pour les œufs, docteur… Je mets un soin énorme à les choisir, je m’y attache, les fais miens et je dois ensuite les laisser à d’autres… C’est pas juste docteur ! Et la chose est là, pour les soldes de juin, pour les soldes de janvier… Parfois elle revient aussi lors de certaines offres promotionnelles anecdotiques… La chose est revenue il y a quelques jours docteur… J’ai trouvé dans ma boite aux lettres la première pub pour les soldes…
« Hum…………. Hum………… »
« Oui vous avez raison docteur… Je vais plutôt rester chez moi dans les jours à venir… Par contre docteur… Vous croyez qu’à la place des œufs, l’année prochaine je pourrais demander au lapin de m’apporter une carte bleue ? Ou au moins des cartes de fidélité de chez Zara, Mexx, H&M, Promod, Naf-Naf, Kookaï, Minelli… ? »
« Hum………….. Hum……………… »
« Merci docteur »
« Ca fera 50 euros… 45 si vous avez la carte de fidélité… »

dimanche 22 juin 2008

Lendemain de fête...

Samedi 21 juin 2008, 18h, sur mon canapé…
Sur la table basse, face à moi et en vrac, les objets indispensables pour passer une bonne fête de la musique :
--> Quelques bières
--> Le boulot en retard de ces dernières semaines
--> Un paquet de chips
--> Une boite pleine de boules Quies
Je viens de passer 364 jours à nourrir mes tympans de bonne musique, je vais donc tout faire pour éviter de les esquinter en une nuit !
18h05 : le téléphone sonne… « Hey ! Salut c’est Pierre ! On joue ce soir au passage bleu avec Xav’ et Lily ! Tu viens nous voir ?! » « Heu… Tu me tentes beaucoup… Mais là suis pas équipée pour… Pi j’ai pas tellement envie de galérer à garer ma voiture… Donc je vais te dire non… »
18h10 : le téléphone sonne… « Hey ! Salut c’est Ben ! » « Ouiii je sais vous jouez aussi ce soir et vous voulez que je vienne vous voir ! » « Heu… Non en fait on aurait besoin de ta voiture pour transporter le matériel… » « J’arrive… »
18h15 : Je pars donc avec le vague sentiment de m’être fait avoir… Les bières et les amplis bien rangés dans ma voiture, je débarque en plein centre ville…
Maintenant que je suis sur place, je ne peux résister à la tentation de faire un petit tour dans les rues…
De la musique partout, libre de se mélanger à celle des voisins… Des têtes connues, des copains, des amis… La soirée fut longue… Mes pieds ont traversé la ville de part en part !
Ca faisait tellement longtemps que je n’étais pas allée à la fête de la musique de Nancy que j’en avais oublié la chaleur, le nombre impressionnant de gens éparpillés dans les rues, le nombre de messieurs se soulageant indiscrètement derrière tous les arbres, les bouteilles jonchant toutes les rues de la ville…
J’en avais aussi oublié la beauté de ma ville quand elle vit la nuit, la joie de marcher dans les jardins ouverts exceptionnellement jusque très tard, le talent de certains artistes amateurs…
Je me suis réjouie de voir que malgré ses rêves de grandeur, Nancy fut capable pour cette soirée d’humilité en ne programmant aucune grande tête d’affiche, aucune grande scène… Juste un partage entre gens égaux devant une même passion…

Et que retenir d’une telle soirée ? Qu’elle se joue sur herbe, sur pavé, sur bitume ou sur scène, la musique un 21 juin plein de chaleur est surtout rempli de moustiques et autres bêtes qui piquent et grattent !

Je n’aime pas la fête de la musique… Je ne vois pas l’intérêt de zoner dans des rues que l’on ne regarde pas, entassés par centaines de milliers sans pouvoir respirer, d’écouter de la musique même si l’on n’aime pas même si c’est pour rigoler (si vous n’aimez pas les anchois, vous en mettez quand même dans votre pizza, juste pour rigoler hein ?...), de boire beaucoup trop et braire jusqu’au lever du soleil…
C’est vrai je n’aime pas ça… Mais j’aime le fait que les gens aiment encore ça… Que malgré l’animosité que notre environnement et notre gouvernement font germer en chacun de nous, les gens trouvent en eux du plaisir à se réunir… Une multitude d’inconnus qui pour une soirée ne se taperont pas dessus… C’est trop rare…

mardi 17 juin 2008

Au prochain rendez-vous...

Paul Eluard disait : « Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous ».
Avec ce troisième album, Yves Jamait nous promet du nouveau, du beau, du professionnel aussi je pense…

Je regarde le visuel de cette pochette et je vois… Je vois les oiseaux, là bas, en haut à droite qui prennent leur envol, libres… Je vois les vagues postales, promesses d’errances qui jamais n’ont coupé le fil des origines… Je vois ces écrits sur les murs, poésies offertes à tous… Je vois que le costume de chanteur a un peu changé, cravate et chemise blanche… Je vois que Jamait à laissé place à Yves Jamait, en effet l’équipe va changer quelque peu…

Je regarde ce visuel et je n’ai qu’une envie : retourner cette pochette et découvrir avec gourmandise les titres qu’elle contient. Puis découvrir avec fébrilité le nom des artistes ayant collaboré à ce troisième album.
Mais alors que peut bien contenir cette pochette ? Quels sont donc les hasards qui ont menés Yves Jamait à aujourd’hui nous offrir ces futurs textes ?
N’y aurait-il pas une chanson nommée « Les Mains des Femmes » dont le titre se suffit à lui-même ?
Y trouverons nous une chanson nommée « Je n’ai pas les mots » qui sonne pareillement à un ‘’Je t’aime’’ que l’on ne dira jamais…
Pourrions-nous y entendre une chanson écrite par Yves Jamait et musique de Nilda Fernandez ?
Peut-être une chanson nommée « Quitte-moi » co-écrite avec un artiste dont j’ai honteusement oublié le nom et qui demande à l’aimée de partir pour donner un sens à ses douleurs ?
Ne pourrait-on y trouver une chanson pour de pauvres célibataires condamnés à toujours tout faire seuls ?

D’autres indiscrétions ? Y aura-t-il un bonus ? J’ai dévoilé quelques connaissances… Mais le reste du voile, je laisse chacun le lever le jour où il aura cette pochette et son contenu entre les mains…

Paul Eluard disait « Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous ».
Avec ce troisième album, Yves Jamait nous montre que malgré tous les hasards, la musique est un rendez-vous qu’il n’a pas manqué…

mercredi 11 juin 2008

rétrospective poétique...

video

Cette vidéo a été tournée à l’occasion du printemps des poètes lors d’une soirée organisée par la ville de Sémur-en-Auxois le 15 mars 2008.
Les deux autres participants sont Dorothée Daniel (que vous connaissez assurément !) et François Chattot (comédien et directeur du théâtre de Dijon).
Par manque de temps et de talent, la vidéo n’est pas d’une qualité exceptionnelle et le montage laisse à désirer… J’ai tout de même essayé de ne pas couper les artistes en plein milieu d’une phrase…

Cette soirée fut placée sous le signe d’une redécouverte humoristique de la poésie !
Les trois personnalités se partageant les planches ce soir là se sont harmonisées pour nous offrir un interlude entre rire et beauté poétique… Le tout couronné par une nouvelle chanson d’Yves Jamait : Les mains des femmes… à découvrir sur le troisième album !

Allez je ravive ma mémoire et vous livre mon souvenir encore vibrant de cette soirée :


C'était une belle petite soirée...

On entre très vite dans un petit théâtre au décor très charmant... Ils ne doivent pas être grands les gens du pays parce que je n'avais pas de place pour mes jambes... Des poésies en chanson, de la chanson poétique... On glisse de vers en verres dans un univers drôle, touchant et envoutant ! François Chattot et sa voix grave et profonde impressionne par sa présence et ses interventions... On a comme une brusque envie de se taire lorsqu'il prend la parole ! Dorothée Daniel... Fraiche à la voix claire... La petite touche féminine qui adoucit l'univers de cette soirée...Une très belle "petite cantate" de Barbara, si mi la ré, si mi la ré, sol do fa... Et Yves, tenant son rôle à merveille... Jouant les troublions et parsemant la scène de son humour... Qu'il critique "la Mort du Loup" de Vigny ou qu'il aime "Mec" de Leprest... C'est lui qui fait vivre la poésie durant cette soirée...Et puis le chanteur ne peut s'empêcher de pousser la chansonnette ! La chansonnette ??? Non !! Il s'extirpe des chansons !! Il nous chante deux de ses futures... Sublimes de sensibilité et de présence...

Entre Prévert qui nous fait aimer la pluie qui tombe sur Brest, Verlaine qui du fond de ses rêves nous raconte l'inaccessible amour, la soirée nous a transportés...Et même si les feuilles perdant leur sève se suicident à l'automne, les feuilles des poètes, elles, vivront encore longtemps dans ces voix chères d'artistes qui ne se tairont pas !

lundi 9 juin 2008

Comme dans un conte...


La classe à Dallas-lès-Dijon !

ou les pérégrinations d’une princesse moderne partie visiter les anges…



A nouveau la Petite Princesse file au gré des vents à la rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux sons, de nouvelles émotions…C’est à Dallas-lès-Dijon que la Petite Princesse retrouve son amie la Marquise Des Bons Enfants !
Petites bières entre amies et rires garantis avec en visite la Grande Duchesse Boubou !
Petite Princesse ne maitrise pas encore très bien son pouvoir sur le temps… Alors les heures passent vite, trop vite et le temps entre les mains de Petite Princesse s’est égrené ne lui laissant que quelques poussières de minutes pour continuer son chemin.
Dallas-lès-Dijon est une ville pigeonnière à l’instar d’être piétonnière… Et Petite Princesse retrouve avec joie ses plaisirs d’enfants quand dans le parc de son château elle courait en riant après les pigeons royaux qui voletaient auprès d’elle et tentaient de brasser le vent de ses rêves de Petite Princesse.
Un petit pigeon passe entre les jambes de Petite Princesse. Ni une, ni deux, elle retrouve ses jambes de petite fille et se met à lui courir après. Et hop, un petit coup de pied en avant pour que le pigeon retrouve l’air d’en haut, de celui où les hommes ne peuvent aller… Petit coup de pied mais le pigeon ne s’envole pas… Petit pigeon a tellement été perverti par la violence des hommes qu’il ne prend même plus peur de ces chaussures de princesse qui manquent à tout instant de lui botter l’arrière train !
Pauvre petit pigeon de Dijon qui a bien failli voler mais contre son gré… Heureusement que Petite Princesse a de bons réflexes !
Et Petite Princesse s’en va maintenant en riant avec la Marquise Des Bons Enfants : direction le Royal Hotel où dans la nuit elles viendront tutoyer leurs rêves et souvenirs…
La réservation de la suite confirmée au Royal Hotel, la Marquise Des Bons Enfants et Petite Princesse s’en retournent dans la voiture (et oui une princesse moderne n’a plus de carrosse mais bel et bien une voiture !). Une discrète marche arrière pour repartir devrait les mener doucement vers les dépendances de campagne où elles sont attendues pour le concert.
Petite Princesse est tout en confiance quand… « CraAaAck »… Petite princesse n’a pas vu la charrette garée derrière elle et vient très clairement de lui foncer en plein dedans !
Dans ce genre de situations quelques peu embarrassantes, Petite Princesse fait ce qu’une demoiselle de son rang doit faire dans ces circonstances, elle prend avec sérieux ses responsabilités et… et s’enfuit vite fait du lieu du massacre de la charrette ! Pas vu, pas pris et Petite Princesse peut s’enorgueillir de savoir garder sa vivacité d’esprit quand il faut filer très vite !
Finalement, c’est sans encombres que la Marquise Des Bons Enfants et Petite Princesse arrivent aux dépendances de campagne : Authume, Jura.
Il pleut et les cheveux de Petite Princesse commencent à friser dangereusement… Il faut rentrer vite dans la chaleur de la salle pour déguster en toute amitié quelques bonbons… Petite Princesse était triste de ne pas trouver à Dallas-lès-Dijon un paquet de Schtroumpfs si doux, si sucrés, si bleus… Mais finalement, les Titeufs gélatineux ne sont pas mauvais même si moins bleus que les Schtroumpfs…
Quelques petites douceurs aident à patienter avant la première partie…
Petite Princesse n’aime pas attendre car elle a bien trop envie de découvrir le chanteur annoncé ! Mais si vous le connaissez ! Petite Princesse vous en parle depuis si longtemps…
‘’K’’ : une lettre pour reconnaitre entre milles cette voix qui transporte tant de joie et d’espoir même à travers des mots durs ; une lettre pour s’émouvoir avant tout autres de cette musique magnifique et transcendante !
Petite Princesse fut plus qu’émerveillée par cette première partie ! D’ailleurs les premières parties devraient durer plus longtemps à son humble avis !
Le concert commençait à peine que Petite Princesse sentait déjà en elle cette joie profonde, ce sentiment d’intemporel et d’éternité qui l’étreint chaque fois qu’elle écoute de belles musiques…
Déjà Petite Princesse s’en est pris plein son artichaut de cœur et déjà elle se démène à tenter de rattraper quelques feuilles un peu trop volages…
Ce soir là c’était un ange qui faisait la première partie !
Première partie trop vite finie, Petite Princesse attend maintenant avec grande impatience LE concert !
Imaginez sa fébrilité quand on sait qu’elle attend depuis 4 mois ! De mémoire de Princesse on n’avait jamais connu une telle attente entre deux concerts de Jamait !
Arrêt au buffet où la Marquise Des Bons Enfants et Petite Princesse s’enivre d’une bière de poèmes !
Vite ! Vite ! Le concert commence !
Et vlan ! Petite Princesse en prend plein la vue, plein les oreilles, plein les poumons, plein le cœur, plein les tripes !
Mais comment fait ce Seigneur des Mots pour tant donner sur scène ? La casquette toujours fidèle se voit ce soir là accompagnée d’un costume sombre, chemise blanche, bretelles et cravate noire.
Les musiciens aussi ont un peu changé ! Nouveau bassiste et Didier Grebot en batteur pour sa plus grande joie et pour notre propre plaisir aussi !
Le Seigneur des Mots est toujours aussi foudroyant sur scène. Il vit sur ces planches et les fait vibrer… De ce théâtre de bois où défilent nos joies et nos peines nous parviennent les échos de ces vibrations.
Ca fait du bien, ça fait du mal mais dans tous les cas on veut encore recevoir ce bonheur.
Et que dire… Que dire d’un concert de Jamait ? C’était mon 24è et je commence à manquer de mots… Non pas que les émotions soient toujours les mêmes… Petite Princesse est bien trop volatile pour vivre deux fois la même soirée ! Mais les mots me manquent… Oui les mots manquent pour décrire le sentiment de ne vivre cet instant que pour un millième de seconde tout en sachant qu’il restera à jamais un souvenir vivant, vibrant dans ma mémoire !
Il n’y pas de photos de ce concert : Petite Princesse a gardé dans le cœur et au fond des yeux les images de cette soirée… Depuis le cœur bat un peu plus vite et les yeux brillent un peu plus fort !
Petite Princesse aime ces concerts car elle sent son âme s’ouvrir au monde, à son monde… Dans ces instants, elle apprend la vie, les hommes et son regard se fait plus clair sur ses semblables…
Le concert se termine… Bien trop vite évidemment…
Et Petite Princesse patiente à la buvette que l’ange de la première partie et le Seigneur des Mots apparaissent !
Youpi ! Les voilà ! Poussez-vous tout le monde ! Laissez passer en priorité la Petite Princesse !
Ah nan ! Ca ne s’est passé comme ça ?… Petite Princesse est très timide et elle rougit au moindre bonheur…
Heureusement que Demoiselle Claire était là… Et c’était partie pour des mots échangés avec l’ange de la première partie : de beaux mots, des mots qui font du bien, des mots simples, des mots à partager !
Depuis ce soir là, Petite Princesse peut dire sans mentir qu’elle a tutoyé un ange !
Entrevue ‘’ragots mondains’’ avec le Seigneur des Mots…
Mais déjà ce sont des au revoir qu’il faut s’échanger…
Petite Princesse rentrera bien tard au Royal Hotel… La Marquise Des Bons Enfants fut elle aussi heureuse de cette soirée.
Mais que faire quand après une telle soirée, il faut s’allonger dans un baldaquin inconnu et trouver le sommeil que l’on dit apaisant et réparateur…
Des images, des sons, des sourires lui reviennent en mémoire ! Petite Princesse sent dans sa poitrine battre son cœur : il vit ! Il voudrait se faire la belle sous les étoiles, vagabonder au clair de lune, oublier ne serait-ce qu’un court instant la frénésie maladive de ce monde et laisser couler sur lui les bruines de Dallas-lès-Dijon…
Petite Princesse finira par trouver le sommeil. Ses rêves se font couleurs du bonheur, bruissements de la douceur et velours de l’amour !
Le lendemain passa très rapidement, les heures s’écoulant entre soleil et nuages à une terrasse de Dallas-lès-Dijon. Petite Princesse buta tout de même encore une dernière fois contre un pigeon de Dijon : peu farouches les pigeons bourguignons !

Et voilà… Tout est dit… C’est sans bruit que je referme la porte de ce compte rendu… La soirée fut magique entre rêve éveillée et réalité émerveillée !

En résumé : j’ai fait de très près connaissance avec deux pigeons, fait se rencontrer deux voitures, usé mon jean sur des terrasses et bu 3 bières en rédigeant tout ça !
Bref, la classe à Dallas(-lès-Dijon) !

mercredi 4 juin 2008

petit bonhomme de chemin...


C’était un jour ensoleillé et chaud de juillet…
Après 11 heures de dur labeur au milieu d’une cinquantaine d’enfants criants plus qu’ils ne rêvent…
Je m’étais autorisée une petite sortie, ralentir le rythme effréné du boulot et respirer la vie et des airs de Jamait un soir de concert gratuit !
On m’avait dit de ne pas hésiter à prendre patience après le concert pour apercevoir l’artiste. J’étais assise sagement à me désaltérer d’une bière d’illusions.
Le groupe faisait les balances et je piaffais déjà d’attendre à ne rien faire…
Je regardais les quelques personnes aussi présentes prendre place autour de la scène.
Quand soudain je ressentis la même pression au fond du cœur que Bernadette Soubirous face à son apparition… Mais oui, je ne rêve pas ! C’est bien Yves Jamait qui d’un pas assuré et discret traverse la place qui bientôt portera en son sein le public !
Sous pression avec ma pression j’entends une voix effrayée et pressée me hurler dans les oreilles : « bouge-toi et vas le voir ! »
« Non je ne peux pas… Ce n’est pas que je ne veux pas… Mais regarde ! Mes jambes elles ne veulent plus bouger… Mon cerveau ne parvient plus à diriger ses subordonnés corporels !! »
« Non mais t’es pas croyable ! Tu veux te faire croire que si tu es venue sur cette place aussi en avance par rapport à l’heure du concert c’est juste pour boire des bières ?! »
« Remarque chère petite voix que cette excuse a au moins la délicatesse d’être crédible… »
« BOUGE !! MAINTENANT !! Ou tu auras vraiment des raisons de boire !! »

A ce moment du récit, je vous sens au paroxysme du suspens… Vous vous dites : « Elle a une photo du chanteur… C’est qu’elle s’est bougée… Mais en même temps, elle n’est pas sur la photo… »
Et ceux qui me connaissent un peu se disent : « Mais qu’est-ce qu’elle a encore foutu ? »


Et bien non… Je n’ai pas bougé… A peine ai-je levé un peu plus haut le coude pour porter à mes lèvres une nouvelle gorgée de pression…
Mais un bon sens de l’observation associé à une grande capacité d’adaptation à toute situation grotesque ou apocalyptique m’a fait remarquer que deux jeunes filles suivaient le chanteur…
A la manière de Columbo, j’ai (presque) discrètement suivi ces deux jeunes filles…
Je les ai retrouvées quelques mètres plus loin en pleine discussion, apparemment très drôle, avec Yves Jamait.
Prenant en considération le fait que sans même dire un mot tu dois avoir une tête digne des plus grands naïfs éberlués que l’humanité porte parfois en elle, tu prends subitement conscience que la seule manière d’avoir réellement une raison de palpiter de la sorte c’est de parler au chanteur…
Et comme tu es une TRES grande timide, c’est avec tact, classe et discrétion que tu t’incrustes dans la discussion : « Vous permettez que je m’incruste ? »
C’était clair, net et précis… Et sans vraiment t’en rendre compte, tu es là à parler à ce chanteur que tant de fois tu as écouté…
Tu bois ses mots puisque tu viens juste de finir ta bière. Tu écoutes, regardes, ressens…
Combien de fois avais-tu imaginé ce moment improbable ? Te retrouver là devant cet artiste qui a si bien su mettre tes propres mots en musique…
C’est un petit bout de toi que tu rencontres… L’effet est étrange, impressionnant, captivant… Inoubliable tout simplement…
Les premiers mots échangés furent banals, sans émotions, sans intérêts et furent vite oubliés, eux…
Tu quittes cet instant hors du temps par une photo… Souvenir figé d’un moment de ta vie qui n’a pas finit de vibrer en toi…
En saluant l’artiste ce soir là, je croyais que ces mots de tous les jours seraient outre les premiers, aussi les derniers !
Si j’avais su que cette rencontre avec quelqu’un qui me ressemble tant allait me mener à un si long chemin sur cette route vers moi-même…
Si j’avais su tout le chemin que me ferait parcourir cet artiste…
Si j’avais su tout ce que j’allais apprendre de la vie, des autres et de moi-même…
Si j’avais su tout ça…
Si j’avais su, j’aurais fait exactement la même chose !
Il est des bonheurs qui déchirent et qui nous obligent à aller tellement loin de nous même… Quand on peut enfin les serrer tout contre son cœur, on a l’esprit apaisé, serein et envieux de continuer à crapahuter aux côtés de notre petit bonhomme de chemin…