mercredi 27 août 2008

De la Suisse évidemment...


La Suisse... Ses montagnes, ses lacs, ses banques, ses fromages... Jamais encore je n'avais pris le temps de vous en parler...
Vous saviez vous que la Suisse c'était bien plus que des banquiers et des tyroliens ?

J'avoue, honteuse et confuse, que j'ai longtemps cru que la Suisse n'hébergeait que Mr Hallyday comme chanteur...

Et puis il y a environ un an, mes oreilles ont fleurté avec les anges... ou plutôt avec un ange... Un chanteur venu de ce petit pays, d'ordinaire si neutre...
Son nom ? Nicolas Michel... Ah bon ? Vous ne connaissez pas ?
Et si je vous dit que son nom de scène est "K" ? Pour certains d'entre vous ça commencera à vous titiller les tympans...

Vous repenserez avec douceur aux paroles envoutantes de son dernier album : "L'amour dans la rue"...
Je ne saurais expliquer pourquoi (et d'ailleurs en ai-je réellement l'envie ?) mais à chaque écoute de cet album, j'ai le sourire... Même les chansons les plus graves me donnent une force et un amour de la vie au milieu des larmes !
Cet album contient un "je-ne-sais-quoi" qui offre du bonheur, un p'tit aperçu d'une vie heureuse et simple...
Il y a dans les sillons de ces textes et musiques une puissance insoupçonnée en regard de la légéreté avec laquelle le chanteur se promène sur scène comme dans la vie !

Et puis il y a "La p'tite Léonine" qui a su trouver la force de vivre simplement de ce qu'elle aime...
Et puis il y a "Zazie" la petite soeur que l'on aimerait être, accompagnée par l'amour d'un grand frère comme on en rêve toutes...

Et avant tout, il y a la première chanson... Celle qui est tel un chant d'espoir au bonheur et aux joies du quotidien... Celle qui nous apprend que l'on peut être heureux à deux simplement en vivant en harmonie avec ce que la vie nous offre de bien être et de malheurs...

Mais saviez vous qu'il y a d'autres albums ? 2 en vérité... Je ne pralerais que du premier : "L'arbre rouge"... Il contient déjà beaucoup des titres du dernier mais avec en prime cette fraîcheur des premiers "nés" ! Et quelques petites chansons en plus, bien sûr ! Des petites perles au travers des quelles il ne faudrait pas passer... On devrait plutôt oser les accueillir en nous et nos coeurs !


Vous vous demandez surement pourquoi ce chanteur (aussi talentueux soit il) apparaisse comme ça, l'air de rien, dans un endroit où l'on est censé parler de Jamait...
C'est tout simple ! Le petit monsieur sera des premières parties des prochains concerts de Jamait !
Il a d'ailleurs commencé ce bout de chemin le 7 juin à Authume... Et bien qu'une première partie ce soit trop court quand il est question de K, c'est déjà beaucoup quand on sait qu'une simple chanson peut vous donner le sourire durant toute une journée !!

dimanche 3 août 2008

Tout, tout, vous saurez tout...












Samedi soir, j'ai du approcher à quelques mètres de la scène ce que pouvait être le talent...

C'est peut-être durer dans un métier sans attirer les moqueries... Savoir allier grivoiseries, coups de gueule et beauté du texte... Partager avec le public en toute générosité et simplicité... Offrir un concert de plus de 90 minutes pour fêter ses 50 ans de chanson... Et bien sûr donner touours et encore du bonheur par son humour et ses textes !

Samedi soir, j'étais à un concert de Pierre Perret !

J'ai emmené dans mon sillage quelques collègues et ma patronne : "Allez venez ! C'est gratuit et il ne pleut pas ! Nous n'avons rien à perdre et si on s'ennuie on pourra toujours partir !"
Oui j'avoue, j'avais peur de m'ennuyer... Je croyais aller à ce concert juste pour pouvoir dire : "Oui moi j'ai vu Perret en concert !" sans que cela ne me coute rien !

Mais voilà samedi soir, j'ai passé une soirée formidable aux frais des contribuables nancéens !
J'y ai découvert un Pierre Perret en grande forme ! Pas un instant je n'ai regardé ma montre en espérant que le temps accélère sa course...
J'ai découvert un Pierre Perret plein d'humour qui rit avec son public, qui rit dans ses chansons !
J'ai apprécié un Pierre Perret doux, gentil, coquin, intelligent, simple, talentueux et en pleine forme !
J'ai aimé un Pierre Perret qui a su mener son concert en maître du style !

La soirée a commencé par "La p'tite Julia", s'en est suivi "La p'tite infirmière", "Mon p'tit Loup" (elle me fait pleurer à chaque fois cette chanson...) etc...

Et comment encastrer dans 90 minutes tous les standards du moonsieur sans lasser le chanteur, sans lasser le public ?
Tout simplement en prenant le temps de faire un "pot pourri" de tout ce que le public voulait entendre !
L'accordéoniste entame les première notes, Pierre Perret suit de quelques mots (voire quelques syllabes) et tout le monde de reprendre en coeur le couplet et le refrain !

En bref un concert en plein air où la pluie nous a épargnés ! J'ai pris un immense plaisir à retrouver les chansons de mes jeunes années !

J'ai pu savourer le talent d'un artiste simple et génial !



Et pour finir, je voudrais faire un clin d'oeil à la première partie :
Le groupe Barzingault ! Des textes intelligents et drôles, des airs d'accordéon et de violoncelle entrainants : du bonheur en musique !

dimanche 27 juillet 2008

blablatage de dimanche soir...

Alexis HK, Renan Luce, Yves Jamait : il est pas chouette mon appareil photo ?







Et voilà depuis quelques jours c'est l'été... Du soleil, du soleil, du soleil... des coups de soleil, des coups de soleil... Et... Et bien sûr quelques allergies aux pollens d'été qui donnent des gros rhumes pas rigolos !


Pollens... pollens... Pollen ! Là par contre j'aime beaucoup ! Jean-Louis Foulquier qui laisse la parole à la belle chanson... Ca faisait du bien à mes oreilles... J'avais l'impression de prendre soin de mes tympans en écoutant ces émissions...


Puis il y avait les années lycée... Celles où je me précipitais à 12h35 hors du bus pour arriver à 12h40 et allumer la radio : France Inter : TTC !

Pourtant un jour je l'ai loupée cette émission... Le menu de la cantine devait être alléchant... Je n'ai pas entendu l'artiste qui était présenté durant la semaine... C'est ma mère qui m'en a parlé...

Yves Jamait... Elle avait retenu le nom... Moi je voulais faire ma tête de cochon et je n'ai pas voulu en savoir plus sur cet artiste !

TTC... Sans cette émission je n'aurais jamais pu retrouver le nom de Jamait quand j'ai découvert l'artiste pour la première fois par hasard mais oublié son nom...


TTC, Pollen... Deux émissions de radio qui n'existent plus...

Il y a quelques années je déplorais la disparition sur les écrans télé de Guillaume Durand (même si je n'aimerai jamais sa permanente !) avec son émission Trafic.Music !


Et aujourd'hui ? Pour prendre soin de mes tympans, je fais comment ?

lundi 14 juillet 2008

Ouï dire...






Ils se font rares ces dernières semaines et le seront encore plus pour les mois à venir...

Un petit festival à Avallon ce samedi 12 juillet et un concert de Jamait auquel je n'ai pas pu me rendre...
Il aurait fallu que la fatigue de la semaine ne soit qu'illusion... Que la hausse du pétrole ne soit qu'imagination... Que les flux de touristes sur les routes ne soient qu'impression... Que les péages d'autoroute ne soient que barrières mentales... Mais que nenni... La réalité est parfois tristememnt tangible...

Alors pour vous raconter ce concert du 12 juillet, je n'ai que quelques brèves glannées à gauche, à droite, un peu partout mais pas chez moi !

Et les rumeurs de me souffler que le concert fut beau, tout en énergie et bonheur partagé...
Un concert donné devant une centaine de personnes et qui, me suis-je laissée dire, a ravi le public !

Voyez-vous, pour une fois, les rumeurs ne semblent pas diffamatoires et c'est un vrai plaisir de savoir que ce concert d'avant vacances fut réussi et apprécié !

A défaut de photos DU concert, je partage des photos DE concert... Ca ne tient qu'à un mot alors peut-être aurai-je droit à quelque indulgence ?


Et comme aujourd'hui nous sommes le 14 juillet, journée du patriotisme, de la gargarisation nationale, que des militaires bientôt chômeurs ont défilé devant des chefs d'état à la l'humanité oubliée, que ce soir Mr le Président d'une République à la dérive dit offrir sur le champ de Mars un concert aux Français, que des artistes sur ce même champ de Mars se vendent pour des billets et non plus pour des idées, voici une 'tite chanson que j'affectionne tout particulièrement ces derniers temps :
Jacques Dutronc
L'OPPORTUNISTE
Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste
Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté
Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
Je fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre
Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté
Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les patries
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis
Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté
Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration
Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté
Je l'ai tellement retournée
Qu'elle craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourne mon pantalon

jeudi 3 juillet 2008

2è démarque...








Mais qu'ai-je donc bien pu faire durant ces longs jours d'absence ?
Des vacances ? Peut-être un peu...
Des soldes ? Ouiiii ! Etonnamment c'est de cette dernière activité que m'est venue la réflexion qui va suivre...

Ecoutez-vous les musiques dans les magasins ?
Moi oui... Parfois je me surprends à sourire quand la chanson rappelle de bons souvenirs, à fuir quand la chanson blesse mes tympans...
Un jour passé, alors que j'étais absorbée par le chiffre exhorbitant d'euros que m'affichait une pompe à essence, j'ai entendu "Le Coquelicot"... Un petit plaisir qui étrangement m'a fait oublier le prix de l'essence... un peu oublier...
Mais lorsque l'on observe les autres clients dans les magasins, on voit bien que la majorité d'entre eux n'écoutent pas la musique...
Alors quoi ? La musique est-elle là juste pour nous faire sourire à la caisse quand on sait pertinnemment que de toutes façons ce que l'on achète est trop cher ?
Non ! On oserait pas nous faire ça à nous bons clients et consommateurs avertis !
Alors quoi ? La musique est-elle là juste pour ne pas être écoutée ?

Je ne sais même pas ce qui m'écoeure le plus... Utiliser la musique pour entuber des gens ou ignorer la musique ?

En tous cas, ce manque de respect pour la musique me fait mal aux oreilles !

Et comble de ma désespérance musicale, ce matin j'ai vu qu'il y avait des soldes au rayon "CD's" de la fnouc...
Préparez-vous ! Bientôt la deuxième démarque sur l'Art ! Consommez, achetez, dépensez mais surtout ne pensez pas trop !

mercredi 25 juin 2008

Le coup du lapin !

En ce moment, l’actualité musicale est très calme… Alors parlons un peu de l’actualité en général : dans quelques heures ce sont les soldes qui commencent !


Si j’avais un jour rencontré un psy sur qui faire un bon transfert, je lui aurais à peu près tenu ce langage :

« Ca revient docteur ! Je le sens… Ca commence à revenir… C’est deux fois par an docteur… Toujours à la même époque depuis quelques années… C’est la même angoisse, la même boule, la même chose … là au fond de la gorge, les mêmes papillons dans l’estomac… Chaque fois c’est pareil… Ca me fait perdre tous mes moyens… Je ne contrôle plus du tout mon comportement dans ces moments là… Toujours aux mêmes époques… C’est en janvier et en juin… Toujours… Et là, je sais que c’est revenu… J’en retrouve des traces partout… Je vous jure docteur ! Jusque dans ma boite aux lettres…»
« Hum……. Hum……….. »
« Que je vous en dise plus ? Bien sûr docteur ! Ca remonte à l’enfance tout ça… Si… Oui… C’est ça l’enfance… Vous voyez, docteur, à l’époque j’étais encore très jeune… Je… Je me souviens très bien docteur, j’avais encore des couettes quand la chose est venue pour la première fois… Depuis… C’est comme si elle n’était jamais partie… C’est comme si elle se sentait bien chez moi et qu’elle voulait plus en repartir… »
« Hum…… Hum…….. »
« Oui docteur, je sais… Je dois être plus précise… Je… J’essaie de bien me souvenir voyez vous ? On était tous réunis… Oui… Oui c’est ça, on était tous là… On ? C’est ma famille… Vous voyez docteur ? Le noyau dur… Mes cousins les plus proches… On était tous comme des frères et sœurs à cette époque… On avait un vrai sentiment d’appartenir à une grande famille très unie… Mais vous voyez docteur, chez moi ce sentiment n’est pas resté trop longtemps… C’est que… C’est que la chose est venue… On était donc tous là, réunis pour Pâques… C’est ma maman qui aimait beaucoup Pâques… Elle me racontait toujours des histoires avec le lapin… J’avais mes couettes, une paire de baskets toutes neuves et ma salopette préférée ce jour là… On était chez mon papy… Vous savez chez mon papy, y’avait rien… Alors on aimait bien… On faisait toutes les bêtises qu’on voulait… Et ce jour là c’était Pâques… Alors les oncles et les tantes avaient caché plein d’œufs de toute sorte… Et moi j’avais encore mes couettes et ma salopette, alors vous voyez docteur, le lapin moi j’y croyais encore totalement… Et souvent c’est ma maman et ma tante qui annonçaient que le lapin avait déposé les œufs… On se jetait tous sur le premier panier venu… Enfin moi, il y avait déjà plusieurs heures que j’avais choisi le mien… Le plus gros… Et le moment venu, je faisais comme si c’était par hasard que je prenais celui là… C’était devenu MON panier depuis la première fois que je l’avais vu… Quand tous nous avions un panier dans la main, nous courrions dans le champ de mon papy… C’était un peu du chacun pour soi quand on cherchait les œufs du lapin… Mes cousins s’éparpillaient de partout… De loin on pouvait voir ces sept gamins courir dans tous les sens… Moi je ne courrais jamais… Je ne voulais pas écraser un œuf parce que je n’aurais pas fait attention à l’endroit où je posais mes pieds… Ca pouvait prendre une heure, deux heures… Y’avait toujours du soleil… C’était rigolo… Mais même si j’avais choisi le panier le plus gros, il débordait toujours… Je trouvais toujours plus d’œufs que mon panier n’en pouvait contenir… Alors là je courrais… Je déposais aux pieds des adultes mes trouvailles et je repartais en chasse… Je n’avais plus que mes p’tits bras potelés de gamine à couettes pour les tenir… Chaque fois que je ramassais un œuf, je prenais mille précautions pour ne pas faire tomber dans l’herbe haute tous ceux que contenaient déjà mes bras… Et quand je ne pouvais vraiment plus porter le moindre œuf supplémentaire, je retournais auprès des adultes… Souvent, mes cousins étaient déjà tous là… 7 petits paniers à leurs pieds, remplis chacun de quelques œufs… Et il y avait moi… Avec mon gros panier et tous ces œufs en chocolat qui commençaient à fondre dans la chaleur de mes mains… Mes cousins avaient des traces de chocolat autour de la bouche qui trahissaient l’impatience de leur gourmandise… Je n’avais pas pris le temps de savourer mes trouvailles… Je les avais trouvées, précautionneusement rangées et je prenais déjà un grand plaisir à imaginer la joie que j’aurais lorsque, rentrée chez moi, je pourrais les déguster et m’en empiffrer joyeusement… Les paniers à peine remplis d’œufs, mes cousins les déposaient sur le bord de la rivière et repartaient jouer… Moi je prenais le temps de les compter, de les ranger, par couleur, par parfum, par taille… Je les arrangeais du plus beau possible… Puis je regardais ma maman et lui disais en même temps que je courrais rejoindre les jeux de mes cousins : « prends en soin môman steuplééé »… J’avais confiance… C’était mes œufs, je les avais tenus dans mes bras, je les avais ramenés et rangés… Je les aimais et ils étaient miens maintenant… Et jusqu’à la nuit tombante, nous jouions… Insouciants… Et puis les parents nous rappelaient… Il faut rentrer, reprendre la route, dire au revoir au papy, il y a école demain… Alors on revenait vers la maison… On se lavait les mains et on montait chacun dans sa voiture… Et puis c’est à ce moment que la chose est venue… C’est la première fois que je l’ai sentie aussi forte… Prise d’inquiétude, je ressors de la voiture et regarde effrayée ma maman… Je ne vois plus les œufs, je ne vois plus les paniers… Me prenant par la main, ma maman ouvre le coffre de notre voiture… Elle me dit que les œufs sont dedans… Je regarde… Je ne vois rien… A part ce tout petit sachet plastique perdu au milieu des feuilles de rhubarbe, des fraises du jardin, des morceaux de vieux meubles, de la vieille vaisselle, des émaux de Longwy… Mais TOUS mes œufs ne peuvent tenir dans un si petit sachet… Ce n’est pas possible… On a du piquer mes œufs ou ma maman s’est trompée de coffre et il se peut qu’une voiture en ce moment roule vers sa maison emportant MES œufs ! J’ai les larmes qui me piquent les yeux, je cherche ma maman qui déjà m’attend derrière son volant… Elle voudrait que je me dépêche… Je l’interpelle d’une voix tremblante… Lui dis que je ne vois pas les œufs… Agacée, elle revient vers moi… Elle me montre d’un doigt ferme le ridicule sachet : « mais ils sont là les œufs ! »… C’est impossible ! Non… Je ne pouvais y croire… Je le hurle à ma maman… Tape des pieds, pleure, crie, gesticule… Ma mère me fait monter dans la voiture et sur le chemin m’explique… Pendant que nous jouions, après la chasse aux œufs, après la venue du lapin, tous les adultes avaient rassemblés les œufs… Ils… Ils… Ils les avaient tout mélangés ! Vous vous rendez compte docteur ? Mélangés mes œufs aux autres… Et puis ils avaient répartis les œufs selon le nombre d’enfant… Ils voulaient être équitables m’expliquait à ce moment là ma maman… Mais équitables pour qui ? Ils étaient trois, ils étaient quatre… Et moi j’étais seule… Comment aurais-je pu avoir autant d’œufs qu’eux ? Et puis c’était moi qui toujours trouvais le plus gros, le plus beau, le meilleur… Mais le plus gros c’était pour les quatre cousins, les moyens étaient pour les trois cousins… Moi j’avais les tout petits, moi j’étais seule… C’est à ce moment là que la chose s’est installée en moi… Vous savez docteur ? Ce sentiment que l’on vous a dépouillé… Que c’est vous qui avez fourni le plus d’effort mais tout le monde reçoit la même récompense… La chose a un gout d’injustice et de spoliation docteur !...
« Hum…………. Hum…………. »
« Oui docteur… La chose revient en ce moment… Comme deux fois par an… Elle est à nouveau là… Au fond de moi… Vous voyez docteur ? Dans deux semaines ce sont les soldes… Et… Je… Je… Heu… Je vais encore me ruer dans les magasins, choisissant les plus beaux vêtements, les plus chouettes chaussures… Et je vais arriver les bras chargés de tous ces trésors à la caisse… Je vais déposer tous ces vêtements… C’est comme quand j’avais des couettes et une salopette… Je déposais tous mes œufs aux pieds de ma maman… Comme s’ils devaient passer à sa caisse… Et là, mes vêtements placés sous le regard de la caissière, j’entendrais la petite voix dans ma tête qui me répétera les mots de ma maman après le lapin et la chasse aux œufs… Tu n’as pas besoin de tout ça… Tu es toute seule… Laisse aux autres… Partage… Et je devrais me séparer d’une dizaine de t-shirts, d’une dizaine de pantalons, de quelques paires de chaussures… Les remettre en rayon pour qu’une autre les possède… Mais les aimera-t-elle autant que moi ? C’est comme pour les œufs, docteur… Je mets un soin énorme à les choisir, je m’y attache, les fais miens et je dois ensuite les laisser à d’autres… C’est pas juste docteur ! Et la chose est là, pour les soldes de juin, pour les soldes de janvier… Parfois elle revient aussi lors de certaines offres promotionnelles anecdotiques… La chose est revenue il y a quelques jours docteur… J’ai trouvé dans ma boite aux lettres la première pub pour les soldes…
« Hum…………. Hum………… »
« Oui vous avez raison docteur… Je vais plutôt rester chez moi dans les jours à venir… Par contre docteur… Vous croyez qu’à la place des œufs, l’année prochaine je pourrais demander au lapin de m’apporter une carte bleue ? Ou au moins des cartes de fidélité de chez Zara, Mexx, H&M, Promod, Naf-Naf, Kookaï, Minelli… ? »
« Hum………….. Hum……………… »
« Merci docteur »
« Ca fera 50 euros… 45 si vous avez la carte de fidélité… »

dimanche 22 juin 2008

Lendemain de fête...

Samedi 21 juin 2008, 18h, sur mon canapé…
Sur la table basse, face à moi et en vrac, les objets indispensables pour passer une bonne fête de la musique :
--> Quelques bières
--> Le boulot en retard de ces dernières semaines
--> Un paquet de chips
--> Une boite pleine de boules Quies
Je viens de passer 364 jours à nourrir mes tympans de bonne musique, je vais donc tout faire pour éviter de les esquinter en une nuit !
18h05 : le téléphone sonne… « Hey ! Salut c’est Pierre ! On joue ce soir au passage bleu avec Xav’ et Lily ! Tu viens nous voir ?! » « Heu… Tu me tentes beaucoup… Mais là suis pas équipée pour… Pi j’ai pas tellement envie de galérer à garer ma voiture… Donc je vais te dire non… »
18h10 : le téléphone sonne… « Hey ! Salut c’est Ben ! » « Ouiii je sais vous jouez aussi ce soir et vous voulez que je vienne vous voir ! » « Heu… Non en fait on aurait besoin de ta voiture pour transporter le matériel… » « J’arrive… »
18h15 : Je pars donc avec le vague sentiment de m’être fait avoir… Les bières et les amplis bien rangés dans ma voiture, je débarque en plein centre ville…
Maintenant que je suis sur place, je ne peux résister à la tentation de faire un petit tour dans les rues…
De la musique partout, libre de se mélanger à celle des voisins… Des têtes connues, des copains, des amis… La soirée fut longue… Mes pieds ont traversé la ville de part en part !
Ca faisait tellement longtemps que je n’étais pas allée à la fête de la musique de Nancy que j’en avais oublié la chaleur, le nombre impressionnant de gens éparpillés dans les rues, le nombre de messieurs se soulageant indiscrètement derrière tous les arbres, les bouteilles jonchant toutes les rues de la ville…
J’en avais aussi oublié la beauté de ma ville quand elle vit la nuit, la joie de marcher dans les jardins ouverts exceptionnellement jusque très tard, le talent de certains artistes amateurs…
Je me suis réjouie de voir que malgré ses rêves de grandeur, Nancy fut capable pour cette soirée d’humilité en ne programmant aucune grande tête d’affiche, aucune grande scène… Juste un partage entre gens égaux devant une même passion…

Et que retenir d’une telle soirée ? Qu’elle se joue sur herbe, sur pavé, sur bitume ou sur scène, la musique un 21 juin plein de chaleur est surtout rempli de moustiques et autres bêtes qui piquent et grattent !

Je n’aime pas la fête de la musique… Je ne vois pas l’intérêt de zoner dans des rues que l’on ne regarde pas, entassés par centaines de milliers sans pouvoir respirer, d’écouter de la musique même si l’on n’aime pas même si c’est pour rigoler (si vous n’aimez pas les anchois, vous en mettez quand même dans votre pizza, juste pour rigoler hein ?...), de boire beaucoup trop et braire jusqu’au lever du soleil…
C’est vrai je n’aime pas ça… Mais j’aime le fait que les gens aiment encore ça… Que malgré l’animosité que notre environnement et notre gouvernement font germer en chacun de nous, les gens trouvent en eux du plaisir à se réunir… Une multitude d’inconnus qui pour une soirée ne se taperont pas dessus… C’est trop rare…